MORGAN (L. H.)

MORGAN (L. H.)
MORGAN (L. H.)

Considéré comme le «fondateur» de la science anthropologique, admiré par G. Bandelier, J. W. Powell, L. Fison, A. W. Howitt, pionniers à des titres divers de l’ethnographie américaine et australienne, loué par Marx et Engels pour avoir redécouvert les principes fondamentaux du matérialisme historique, rejeté avec violence par F. Boas, B. Malinowski, W. Koppers et R. Lowie pour avoir fourvoyé l’ethnologie dans les impasses de l’évolutionnisme du XIXe siècle, recevant cependant en 1947 l’hommage de C. Lévi-Strauss qui lui dédia Les Structures élémentaires de la parenté , puis en 1967 celui de Meyer Fortes qui s’attacha, dans Kinship and the Social Order , à faire un bilan de sa postérité, Morgan domine, de nos jours encore, l’histoire de l’anthropologie de toute la richesse et de l’ambiguïté de son œuvre.

Le fondateur de la science anthropologique

Lewis H. Morgan naquit dans une ferme près du village d’Aurora, dans l’État de New York. Il étudia le droit et s’installa comme avocat à Rochester en 1844. En 1855, il devint le conseiller juridique d’une compagnie de chemins de fer qui construisait une voie entre le Michigan et la région des mines de fer du lac Supérieur. Outre ses travaux professionnels et scientifiques, il se préoccupa beaucoup de politique et adhéra successivement au Parti whig et au Parti républicain, dont il devint député puis sénateur. Devenu membre, en 1875, de la National Academy of Sciences et président, en 1879, de l’American Association for the Advancement of Science, au sein de laquelle il avait créé en 1875 une section d’anthropologie, il mourut à Rochester (État de New York), dans la foi presbytérienne.

Sa vocation pour l’anthropologie naquit lorsqu’il adhéra, après ses études secondaires, à un club littéraire. The Gordian Knot, organisé sur le modèle de la confédération iroquoise. Il s’y lia d’amitié avec Ely S. Parker, un Indien Seneca qui devait devenir commissaire des États-Unis pour les Affaires indiennes et général au cours de la guerre civile. Peu après, la société The Gordian Knot décida d’organiser une enquête sur la «ligue des Iroquois». Morgan et Parker en furent les animateurs principaux. Au terme de cette étude, la société prit le nom de Grand Ordre des Iroquois. Envoyé à Washington pour empêcher la ratification d’un traité frauduleux qui aurait dépouillé les Indiens Seneca de leurs titres au profit d’une compagnie, Morgan fut adopté quelques temps après, sur sa demande, par le clan du Faucon des Indiens Seneca, sous le nom de Tayadawahguh, «Celui qui se tient au travers», celui qui pouvait servir de trait d’union entre les Indiens et les Blancs.

En 1846, il lut, devant la New York Historical Society, un essai sur The Constitutional Government of the Six Nations of Indians , qui fut imprimé. De 1849 à 1852, l’université de l’État de New York chargea Morgan de développer son département des collections indiennes. Morgan rassembla une collection exceptionnelle, qu’il présenta dans trois rapports de très haute valeur, consacrés à la culture matérielle iroquoise. En 1851, il faisait paraître le premier compte rendu scientifique jamais écrit sur l’organisation d’une tribu indienne, la League of the Ho-dé-no-sau-nee, or Iroquois .

De plus en plus, son intérêt s’est tourné vers l’étude du système de parenté iroquois et, en 1857, il écrivit un texte consacré aux Laws of Descent of the Iroquois . L’année suivante, au cours d’un voyage au Michigan lié à ses activités professionnelles, il rencontra des Indiens Ojibwa, qui lui apprirent que, malgré la langue différente, leur système de parenté était très proche de celui des Iroquois. Stimulé par ce fait, il voulut découvrir ce que signifiait «cette remarquable façon de désigner des parents» qui se retrouvait dans des tribus aussi différentes.

De 1859 à 1862, il visita les Indiens du Kansas, du Nebraska, du Missouri et même de la baie d’Hudson, notant la terminologie de parenté de près de soixante-dix tribus. En même temps, préoccupé de prouver les origines asiatiques des Indiens d’Amérique, il prépara un questionnaire, le premier jamais inventé pour l’étude des systèmes de parenté, et, aidé du département d’État américain, il le fit publier et diffuser en 1860 dans le monde entier par la Smithsonian Institution. Des réponses lui parvinrent des Indes, de l’Océanie, d’Afrique et, en 1871, il publia le résultat d’un prodigieux effort de recherches et de comparaisons des faits de parenté à travers le monde, sous le titre Systems of Consanguinity and Affinity of the Human Family . Avec ce livre naissaient à la fois l’analyse scientifique de la parenté et l’anthropologie sociale. Convaincu de la validité de sa méthode comparative, Morgan entreprit alors de comparer les institutions sociales de l’antiquité occidentale classique et celles des peuples primitifs contemporains, cherchant en celles-ci la clef de l’intelligibilité de celles-là. En 1877, il publia son magnum opus, Ancient Society, or Researches in the Line of Human Progress from Savagery through Barbarism to Civilization , où il montrait la marche nécessaire de l’humanité à travers les stades successifs de la sauvagerie, de la barbarie et de la civilisation. L’analyse des institutions sociales des Indiens d’Amérique, parce qu’elles correspondaient à celles du stade de la barbarie, offrait à la science le moyen de comprendre la marche de l’histoire antique avant que se développent les cités et les États d’Athènes et de Rome, avant donc que naisse la civilisation.

Pendant le reste de sa vie, Morgan poursuivit ses recherches sur les arts et l’architecture des Indiens d’Amérique, qu’il chercha à expliquer par la nature profonde de leur organisation sociale. En 1881, il publia Houses and House-Life of the American Aborigines , tout en polémiquant avec âpreté contre ceux qui, comme G. Bancroft, prétendaient, à la suite des premiers commentateurs espagnols des civilisations précolombiennes, que les Aztèques ou les Incas vivaient, lors de la conquête espagnole, dans une société étatique dominée par un roi plus ou moins analogue aux seigneurs «féodaux» de l’Europe du Moyen Âge.

Entre-temps, il avait rassemblé en un ouvrage ses observations de naturaliste sur les mœurs du castor américain et publié The American Beaver and His Works (1868), qui reste un classique.

Il entrevoyait pour les États-Unis et pour l’humanité un avenir meilleur que devait apporter la restauration, sous une forme supérieure, des anciens principes d’égalité et de liberté démocratiques dont jouissaient les membres des sociétés primitives.

Une œuvre riche et ambiguë

La grandeur de l’œuvre de Morgan ne réside pas seulement dans le fait qu’elle fut l’acte de naissance de l’anthropologie sociale. Au-delà de cette importance historique, elle reste actuelle par son importance théorique et ce, malgré les faiblesses et les erreurs que les recherches ethnologiques ultérieures ont mises en évidence avec une âpreté souvent très vive.

Logique et histoire des rapports de parenté

D’une manière générale, Morgan a démontré que les rapports de parenté dominent l’histoire primitive de l’humanité et que ces rapports ont une logique et une histoire. Il distingua parmi tous les systèmes de parenté deux types de nomenclature des rapports de consanguinité: d’une part le type descriptif, propre aux systèmes de parenté indo-européens, sémites et ouraliens; d’autre part le type classificatoire, qui se retrouve en Asie, en Afrique et en Amérique. «Dans un système classificatoire, les parents consanguins [...] sont classés en catégories distinctes, sans tenir compte de leur plus ou moins grande proximité par rapport à Ego et le même terme de relation est appliqué à toutes les personnes qui appartiennent à une même catégorie. Ainsi, mes propres frères et les fils des frères de mon père sont tous également mes frères, mes propres sœurs et les filles des sœurs de ma mère sont toutes également, mes sœurs [...]. Dans un système descriptif, les consanguins sont décrits soit par des termes primaires de relation (père, mère, fils), ou par une combinaison de ces termes qui rend ainsi spécifique la relation de chaque personne (fils du frère de mon père, fils de mon frère, etc.)» (Ancient Society ). En d’autres termes, dans un système descriptif, les parents en ligne directe (père, mère, etc.) sont clairement distingués des parents en lignes collatérales (frère de mon père, sœur de ma grand-mère, etc.). Dans un système classificatoire, certains des collatéraux ou tous sont classés dans les mêmes catégories que les parents en ligne directe. Dans l’introduction de Systems of Consanguinity and Affinity , Morgan mit en évidence certaines des propriétés structurales de ces deux types, en ce qui concerne par exemple la différence de situation par rapport à Ego des collatéraux. Il souligna l’importance des règles de mariage dans les divers systèmes de parenté et démontra que le mariage est un échange des femmes entre des groupes sociaux avant même d’être une relation entre des individus de sexe opposé. Contre J. F. McLennan, il montra que l’exogamie ne s’opposait pas absolument à l’endogamie, puisque l’exogamie des clans est souvent le complément d’une endogamie au niveau de la tribu. Il distingua deux formes de filiation et deux types de clans, patrilinéaires et matrilinéaires, et affirma que le clan avait été la forme dominante d’organisation sociale chez tous les peuples qui avaient dépassé le stade de la sauvagerie et avait servi de point de départ à une évolution vers la civilisation. En décrivant en détail, à travers la «ligue des Iroquois», le fonctionnement d’une confédération de tribus divisées en clans, il avait ouvert la voie aux grandes monographies ethnologiques et à l’analyse théorique des organisations sociales primitives.

S’avançant plus avant, Morgan chercha à établir des rapports de correspondances structurales entre formes de production, formes de parenté et formes de conscience sociale. C’est ainsi qu’il supposa que la décadence des systèmes classificatoires et la dominance des systèmes descriptifs dans l’histoire occidentale devaient être liées au développement de la propriété privée et de l’État. Le développement de la propriété privée en effet avait transformé les problèmes d’héritage des biens et rendu impérieux de distinguer entre les lignes directes et les lignes collatérales de consanguins. Le développement de l’État, de son côté, en substituant la protection de la loi à celle des parents, avait affaibli la solidarité interne des vastes groupes de parenté.

Enfin, Morgan prit de l’histoire tout entière une vue sociologique et caractérisa l’évolution de l’humanité par l’apparition et la succession nécessaires de sociétés sans classes et de sociétés de classes dominées par l’État et basées sur des formes diverses d’accumulation de la propriété des richesses. Au terme de deux longues époques qu’il nomma, selon les vocables alors usités, sauvagerie et barbarie, la civilisation était née à la suite de l’abolition des anciennes formes communautaires d’organisation claniques et tribales et de l’apparition des classes sociales et de l’État. La civilisation n’apparaissait plus comme le terme ultime et souverain de l’évolution humaine, mais comme une époque transitoire qui mènerait par les lois du progrès à «la renaissance, sous une forme supérieure, de la liberté, de l’égalité et de la fraternité des anciennes gentes ». Dans cette perspective grandiose, la préhistoire et l’histoire se soudaient et les ruines des civilisations antiques s’animaient de formes sociales disparues dont l’image ou la trace étaient conservées dans les civilisations primitives contemporaines. Archéologie, anthropologie, histoire antique étaient mises à contribution pour une même tâche: l’explication scientifique de l’histoire de l’humanité.

Cette explication, Morgan la cherchait en dernière analyse dans l’action déterminante des rapports économiques, dans l’évolution «des arts de la subsistance». «Du fait de l’influence considérable qu’ils ont exercée sur l’état social de l’humanité, la succession des arts de la subsistance dont les apparitions respectives sont séparées par de longs intervalles de temps fournit probablement la base la plus satisfaisante pour la division [de l’histoire] en périodes ethniques [...]. Il est vraisemblable que les grandes époques du progrès humain ont coïncidé plus ou moins directement avec les périodes où les sources de subsistance devenaient plus nombreuses et plus abondantes» (Ancient Society ).

On voit pourquoi Marx, lorsqu’il lut Ancient Society en 1880, y vit la confirmation du matérialisme historique et se promit de commenter ce fait dans un ouvrage sur Morgan que la mort lui interdit d’écrire, mais dont les notes manuscrites furent reprises par Engels lorsqu’il rédigea en 1884 Der Ursprung der Familie, des Privateigentums und des Staats (L’Origine de la famille, de la propriété privée et de l’État ).

Les limites de l’évolutionnisme

Par bien des aspects cependant, l’œuvre de Morgan appelait la critique. Le vaste tableau de l’histoire de l’humanité brossé dans Ancient Society reposait sur une information scientifique aujourd’hui dépassée. L’archéologie de la Grèce et de Rome archaïques n’existait pas à l’époque où écrivait Morgan et la découverte des civilisations minoenne, mycénienne et étrusque interdit de reprendre ses thèses sur l’apparition de l’État à Athènes ou à Rome à travers le processus de décomposition des organisations claniques, de la démocratie militaire, etc. La théorie selon laquelle l’économie pastorale nomade avait précédé nécessairement l’agriculture a été réfutée par l’archéologie et par l’analyse de l’écologie et de la génétique des différentes espèces domestiquées. D’autres limites de l’œuvre sont nées de choix arbitraires de l’auteur. À l’opposé de son contemporain E. B. Tylor, Morgan a exclu dans les Systems l’étude des religions primitives du champ de l’anthropologie en y voyant seulement un ensemble de coutumes «grotesques et, jusqu’à un certain point, inintelligibles». L’histoire humaine se trouvait donc, dans Ancient Society , amputée d’une de ses dimensions essentielles.

Plus profondément encore, au niveau de ses principes, l’œuvre souffrait de limites fondamentales. En premier lieu, elle repose sur plusieurs séries de principes opposés et se trouve ainsi dès le départ installée dans une ambiguïté dont témoigne la diversité des courants qui se réclament de Morgan et s’opposent entre eux. Lorsque Morgan déclare: «D’une façon générale, toute la substance de l’histoire humaine est contenue dans la croissance d’idées qui sont élaborées par le peuple et qui sont exprimées dans ses institutions, ses usages, ses inventions et ses découvertes» et ajoute que ces «idées originales» sont «absolument indépendantes de toute connaissance et de toute expérience préalable», cet idéalisme est difficilement conciliable avec le principe matérialiste du rôle déterminant des rapports économiques qu’il a soutenu par ailleurs.

En second lieu, l’œuvre entière souffre des limites d’un évolutionnisme qui se réfère à une conception du développement par stades successifs à partir d’un germe initial évoluant selon un sens unique. Pour illustrer ces limites, il suffit d’indiquer comment Morgan a ordonné en une séquence logique et chronologique les divers systèmes de parenté qu’il avait analysés.

Ayant cru constater que, chez les Iroquois, le système de parenté était en contradiction avec leurs rapports de famille réels, il suppose qu’il avait exister pour ce type de parenté un état et une époque où une forme de mariage lui correspondait directement. Il crut découvrir ensuite dans la famille hawaiienne la forme de famille qui s’adaptait à la terminologie de parenté des Iroquois, mais, comme le système de parenté ne correspondait pas à la forme de famille hawaiienne, il lui fallut de proche en proche remonter jusqu’à une forme originelle de famille qui n’existait nulle part mais avait exister, c’est-à-dire jusqu’à l’état de «promiscuité sexuelle» entre les membres de la horde primitive. Dans cet état, tous les parents et les enfants, les frères et les sœurs étaient maris et femmes et l’inceste n’existait pas. Peu à peu s’instaurèrent des prohibitions sexuelles et conjugales entre parents et enfants d’abord, entre frères et sœurs utérins (c’est-à-dire frères et sœurs nés d’une même mère) ensuite, entre frères et sœurs collatéraux (c’est-à-dire les fils et les filles des frères et sœurs du père et de la mère) enfin. À mesure que se multipliaient les prohibitions conjugales entre consanguins, de nouvelles formes de famille et de nomenclatures de parenté apparaissaient. Au terme de cette régression logique vers un état originaire fictif mais qui avait dû exister, Morgan pouvait ordonner tous les systèmes de parenté en une succession logique et chronologique de stades d’évolution, en les rangeant dans l’ordre inverse du nombre des prohibitions conjugales qui leur étaient associées. Le long de cette chaîne d’évolution, il rangeait également diverses formes de famille, consanguine (forme hypothétique de famille fondée sur l’intermariage des frères et des sœurs en ligne directe ou collatérale), puis punaluenne (fondée soit sur l’intermariage de plusieurs sœurs, en ligne directe ou collatérale, avec un groupe d’hommes qui ne sont pas nécessairement apparentés entre eux, soit sur l’intermariage d’un groupe de frères avec des femmes qui ne sont pas nécessairement apparentées entre elles), puis appariée (fondée sur le mariage d’une paire d’individus qui forment un couple sans nécessairement former une famille individualisée), et avec cette dernière forme de famille apparaissaient les clans, matrilinéaires d’abord, patrilinéaires ensuite, et les clans eux-mêmes donnaient naissance à l’organisation tribale puis aux confédérations de tribus. Plus tard, la famille patriarcale puis la famille conjugale moderne devaient accompagner la naissance des sociétés de classe et de l’État.

En définitive, cette évolution, qui avait aboli l’animalité de la promiscuité sexuelle primitive et, en instaurant la prohibition de l’inceste et la règle de l’exogamie, avait inauguré la société humaine, ne trouve pas d’autre explication chez Morgan que l’argument biologique de la sélection naturelle, thèse que la génétique moderne n’a jamais pu fonder et qui, au sein même de l’œuvre de Morgan, ne pouvait pas non plus se concilier avec la thèse idéaliste du développement d’«idées originales» indépendantes de l’expérience et celle, matérialiste, du rôle déterminant des rapports économiques.

On voit dès lors pourquoi la séquence évolutive de Morgan s’est écroulée morceau après morceau, avec les progrès mêmes de la science qu’il avait contribué à fonder. La corrélation binaire entre mariage et terminologie de parenté qu’il supposait n’a pu être vérifiée et, selon nous, ne peut l’être, parce que les rapports de parenté dans les sociétés primitives ne traduisent pas seulement les règles de mariage, mais fonctionnent également comme rapports de production, rapports politique, schèmes idéologiques, et cette plurifonctionnalité fonde leur rôle dominant, ce que Morgan fut un des premiers à reconnaître. De plus, comme l’a montré Lévi-Strauss, il ne peut y avoir de parenté purement consanguine, car toute forme de mariage implique la prohibition de l’inceste, c’est-à-dire que l’on renonce à certaines femmes – mères, sœurs, filles – pour les échanger contre des épouses. Le mariage, comme l’avait vu Morgan, est avant tout une relation d’échange des femmes entre des groupes et l’explication de l’inceste et de l’exogamie n’a pas son fondement dernier dans les impératifs de la biologie mais dans ceux de la vie sociale, qui est celle de groupes humains et non d’individus isolés.

On comprend pourquoi fonctionnalistes, structuralistes et marxistes, tout en rejetant l’évolutionnisme de Morgan, se réclamèrent de lui à titres divers et souvent opposés. À notre époque où la tâche impérieuse est, comme Marx l’avait tenté, de penser l’histoire en termes de structures et de rendre compte des structures à la fois dans leur logique, leur genèse et leur histoire, l’œuvre de Morgan reste une source féconde d’enseignement à la fois dans sa réussite et dans ses échecs.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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